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PREMIERS ENTRETIENS DE GREOUX

SYNTHESE

Compte rendu des « Entretiens de Gréoux » du 13 et 14 novembre 07 par les étudiants du Master2 en Management International du Tourisme au CEDERS, Université de Science Economiques Aix-Marseille 2.

Intervention de Laurent GREFEUILLE, chef du service tourisme au conseil régional PACA.

« Faire de la région PACA une référence ne matière de tourisme durable : une priorité du schéma régional de développement touristique 2006-2010. »

Laurent Grefeuille est venu rappeler lors des entretiens, le souhait de faire de la région Provence-Alpes-Côte-d’Azur, un pilier du tourisme durable. Il a ainsi exposé à l’auditoire en présence, les enjeux stratégiques et les objectifs de la région en faveur d’un tourisme responsable englobant les dimensions économiques, sociales et environnementales. Ces objectifs sont en effet les fers de lances du schéma régional de développement touristique 2006-2010.

Après un bref état des lieux sur le potentiel touristique du territoire, ainsi que sur les problématiques impactées par l’activité, telles la concentration, les sur équipements et les effets de la saisonnalité, Laurent Grefeuille nous à rappeler les enjeux de la politique régionale qui s’oriente sur la captation et la fidélisation des clientèles domestiques et internationales, l’image du territoire avec un souhait d’améliorer celle de l’arrière pays pour une meilleure répartition des retombée et un équilibre favorisé, et enfin la qualité des professionnel réceptifs (Hôteliers, CDT, OTSI...). Ces enjeux sont donc traduit par 4 axes d’objectifs stratégiques qui sont, la compétitivité régionale, le souhait de positionner la région comme un fer de lance du tourisme durable, Faire du territoire une destination produit, et enfin améliorer la qualité de l’emplois dans le secteur tourisme.

Comme nous l’énoncions précédemment, La stratégie régionale est construite autour de trois dimensions. Premièrement la dimension environnementale avec des actions répondant entre autres aux problèmes de transports et de concentration des flux. Une dimension sociale avec des actions tournées vers le tourisme social, le tourisme et handicap, une plus grande implication des populations locales, et la diminution des déséquilibres au sein du territoire. Enfin, la dimension économique avec des initiatives favorisant entre autre l’innovation et une meilleure contribution des retombées aux économies locales.

Sylvain Campos

Intervention de Jean-Luc MICHAUD Chef de l’Inspection Générale du Tourisme aux Nations Unies

« L’expérience du groupe de travail international des Nations Unies sur le développement du tourisme durable ».

Le sujet du taskforce que Jean Luc Michaud a piloté concerne la durabilité de la production et de la consommation du tourisme. C’est au sein d’un groupe de travail qui a réuni une vingtaine de pays que la France a bénéficié dans ses recherches d’un réseau multi niveaux d’élus, d’experts, d’entreprises pour ne citer que ces acteurs.

L’aspect financier a bien sur été soulevé lors de cette intervention et une partie de ce travail fut de dégager des critères communs à plusieurs règlementations et dispositions volontaires internationales en matière de développement durable. Les harmoniser tout du moins à l’échelle européenne est une tache primordiale à caractère environnemental, social et économique à différentes échelles de territoires.

On y aborde également la responsabilité de chaque acteur, ainsi que des efforts locaux qui doivent être relayés à plus grande échelle. Afin que le développement durable ne soit pas un facteur d’aggravation en terme de compétitivité pour les destinations, les moyens doivent être attribués à bon escient et les coûts engendrés minimisés par des réseaux d’experts dans ce domaine. C’est donc un effet de zoom qui régit ces réflexions, déjà conditionnées en terme de délais par des projections aggravantes qui s’annoncent dans un futur proche.

Cyrille Mussier

Intervention de Xavier Leonetti, lieutenant de la Gendarmerie Nationale, doctorant en droit et sciences politiques.
« Complémentarité des enjeux du tourisme et de la sécurité.»

L’intervention du Mr Leonetti avait pour thème la dimension de la sécurité du territoire associée au tourisme. Pour lui, le développement durable passe par une maitrise des risques et doit ainsi se construire en partenariat étroit avec les agents de sécurité. Cela passe par une préservation des espaces (incendies, conduites à risque) et une promotion du territoire.
En effet, rien ne sert de parler de développement durable si le territoire n’est pas sécurisé. Par exemple, si des touristes sont volés, cela va avoir des répercussions commerciales sur la destination et engendrer une contre production de développement durable. L’objectif du partenariat sécurité et tourisme est donc de faire en sorte que le développement durable se fasse de manière sécurisée pour assurer la pérennité du tourisme.

Anaïs Liernart

Intervention du Pr Guy Fontaine Professeur de Géographie à l’Université de la Réunion. Intervention par le biais de la visioconférence.

« Tourisme et développement durable : le cas de l’île de la Réunion», par Guy FONTAINE, Professeur de Géographie à l’Université de la Réunion. Intervention par le biais de la visioconférence.

Le Professeur Guy FONTAINE nous a évoqué la logique de développement durable telle qu’elle est envisagée sur l’Ile de la Réunion.

Après avoir exposé les enjeux économiques et socioculturels du développement du tourisme pour l’île de la Réunion (problèmes d’aménagement du territoire, taux de chômage très élevé, problèmes de formation-métiers, agriculture reposant quasiment uniquement sur la culture de la canne à sucre, dichotomie territoriale entre le bas et le haut de l’île…), l’environnement a été évoqué comme élément clé du tourisme sur l’île. Il s’agit en effet d’un milieu naturel riche à préserver, classé WWF mais actuellement menacé. Or les problèmes environnementaux sont directement liés à la gestion du tourisme et la relation d’impact économique de celle-ci. Par exemple, se pose le problème des déchets qui sont impossibles à enfouir mais qui sont difficiles et coûteux à transporter.

A partir de ce constat, le Pr FONTAINE a exposé en trois points la logique de développement durable adoptée :
- Le développement durable doit se poser à toute l’île. En effet l’enjeu est de faire diminuer l’utilisation des énergies fossiles au profit des énergies renouvelables, mais l’île étant petite il est nécessaire de la considérer dans son ensemble. La meilleure représentation est le Parc de la Réunion, espace naturel protégé au cœur de l’île.
- La population doit être impliquée dans le projet et ce par le développement de plateformes d’accueil, la mise en place d’études de capacité de charge… Ce qui par ailleurs permettra la création d’emplois et de nouveaux métiers.
- Les touristes doivent aussi s’adapter à la culture réunionnaise et la possibilité leur est donnée de partager un patrimoine riche grâce aux « Villages créoles », quinze villages au sens touristique, où les touristes peuvent circuler et échanger avec les habitants.
La problématique à laquelle fait face la Réunion est de ne pas opposer le « bon » tourisme au tourisme « méchant ». Pour le Pr FONTAINE, il est possible de faire du tourisme balnéaire de masse en veillant à la bonne utilisation des énergies et dans le respect des populations.
Son objectif est de mettre de la durabilité sur les projets plus anciens et mettre en place des nouveaux projets durables à petite échelle.

Florine Van Meerveld

Intervention d’Yvan AYMON, Directeur de « Valais Excellence »

« Valais Excellence, système de management durable pour les PME et les régions », par Yvan AYMON, Directeur de « Valais Excellence ».

Mr Yvan AYMON nous a présenté l’Association Marque Valais de certification aux normes ISO 9001 et 14 001, et la logique de création d’un tel accompagnateur pour les entreprises du tourisme des Valais suisses.
La politique de tourisme y est issue de la Charte du développement durable qui met en valeur l’innovation, la qualité de l’environnement et des prestations…Aussi l’impact du tourisme provient des entreprises, d’où la volonté de vouloir les faire participer à cette politique de développement durable, au côté de l’Etat et d’organisations faitières.
Cela passe alors par le système de management de ces entreprises, ainsi que le marketing territorial et aussi parfois par un système de management intégré.
Les outils consistent en une amélioration continue et des normes de qualité-sécurité-environnement. Mais c’est surtout l’idée d’une aspiration par le haut, par les meilleurs pour que les plus faibles suivent et réussissent, qui donne toute l’originalité à cette approche.
En outre, le constat qui a été fait est que les labels sont nécessaires mais difficiles d’accès, et qu’ils sont majoritairement spécifiques à des prestations. D’où la nécessité d’une démarche pour pallier entre l’état actuel de l’offre et l’ambition d’un label. Il s’agira alors d’une démarche de progrès pour accompagner, et aller d’abord vers une convention d’engagement pour signifier son intention, puis du passage aux actions pour valoriser son engagement.
Le réseau des entreprises engagées est d’or-et-déjà important et les perspectives d’adhésion très bonnes tant cette approche se révèle novatrice et efficace.

Florine Van Meerveld

Intervention de Frédéric Thomas, Docteur en Economie du Tourisme représentant la Banque Mondiale.

« Tourisme responsable : quelles stratégies possibles pour dans les pays en voie de développement – le cas du Cambodge »

Frédéric Thomas, Docteur en Economie du Tourisme, nous a présentés différentes approches au tourisme responsable au travers de 3 approches remarquables. La première concerne l’initiative de l’Hôtel Shinta Mani qui a pour but vocation, outre l’hébergement, d’aider les défavorisés et supporter leurs familles. Cette action s’organise autour de 3 axes principaux à savoir dans un premier temps un support communautaire alimentaire grâce à des dons effectués par les touristes, un support éducationnel au travers de la création d’une classe de formation aux métiers du tourisme sur le site de l’hôtel et enfin un programme de soutien. L’hôtel n’engendre actuellement pas de profit mais les coûts engendrés par ces actions sont absorbés par la vente des chambres. Aujourd’hui, ce programme permet de soutenir 548 familles.
La deuxième initiative concerne le Parc National de Chambok et a pour but d’utiliser des sources de revenus alternatives aux actions jusqu’alors illégales opérées par les habitants du site. L’organisation du Parc site pour les visites et la création d’une structure de management et d’assistance aux populations locales ont permis une allocation mieux répartie et plus régulière des revenus, supprimant ainsi les périodes de famine qui pouvaient exister avant la transformation du Parc en véritable lieu touristique organisé.
Enfin le troisième exemple d’approche du tourisme responsable est le programme SADI ou « Stay Another Day » qui est une campagne de communication visant à inciter le touriste à rester un jour de plus pour visiter des activités visant à réduire la pauvreté et accroître la sensibilisation et l’engagement dans le tourisme durable.

Karoll Ramamonjisoa

Intervention du Dr Bernard Olivero de l’Université de Nice

Lors d’une démonstration financière, Mr Olivero nous exposa la dualité du développement durable et de la création de valeur. La prise de risque d’un éventuel actionnariat se mesurait d’une manière scientifique. Au-delà des dividendes promis que les investisseurs percevront il y aura création de « valeur », surplus étant déterminant quant à la fidélisation des actionnaires par l’entreprise.

Nous savons que les principes de durabilité concernent les aspects environnementaux, économiques et socioculturels du développement du tourisme. Pour garantir sur le long terme la durabilité de ce dernier, il faut parvenir au bon équilibre de ces trois aspects. La création de valeur durable est un attribut des produits de tourisme.
La création de valeur peut se faire par les recettes mais également par les coûts. Créer de la valeur durable en terme de communication peut diminuer les coûts de transaction, augmenter la rémunération, les ressources fiscales nécessaires à la préservation de site.

La régulation de la création de valeur est en conclusion un élément primordial en termes de durabilité ; 4 mécanismes la régissent : les convictions dont les décideurs tiennent compte lors de leurs choix, l’éthique des affaires, les contestations éventuelles de parties prenantes puis les lois et règlementations.

SUN Xi et LI Yan.

Intervention de Joël Gayet, fondateur de « Comanaging »

« Identité d’un territoire et plateforme de marque.»

Arrivée à Gréoux mardi 13 novembre 2007, et accueil plus que sympathique autour de tasses de cafés, thés, et viennoiseries. Bienvenue a « la Citée de la Culture et du Développement Durable » ! Quelques croissants plus loin, nous voila réunis dans la salle de conférence le ventre bien rempli, prêts à écouter le premier entretien de la journée, celui du fondateur de « Comanaging » (un cabinet conseil en stratégie et management par la communication) : Monsieur Joël Gayet.

Et tout d’abord, définition de l’identité d’un territoire : « ce sont les traits culturels, les codes propres a un groupe, qui donne le sentiment d’appartenance des individus a un même groupe ». En fait si on résume bien, l’identité d’un territoire c’est son ADN. Et alors, qu’est-ce que le portrait identitaire d’un territoire ? C’est le guide opérationnel qui recense, analyse et présente la personnalité profonde de ce territoire. A savoir : il existe 53 signes identitaires différents! Ils sont divisés en trois sous-catégories : les signes identitaires « couleurs » (quelles sont les couleurs propres a un territoire ? les couleurs que l’on retrouve dans les matériaux, dans les plats, dans l’architecture, dans le ciel ?), les signes identitaires psychologiques (quelles sont les traditions de l’aspect poétique, musical), les signes identitaires symboliques. Mais pas le temps de s’attarder sur ce point, les minutes filent et nous devons entrer en communication avec l’Italie dans quelques instants pour l’intervention suivante. Juste le temps de nous dire qu’établir le portrait identitaire d’un territoire consiste en cinq points essentiels (formatage du portrait, recherche des données, élaboration du portrait, validation et contrôle, présentation) et prend six mois maximum, et nous passons au second point de l’entretien : la plateforme de marque.
Il s’agit la de comparer des territoires entre-deux ; de définir la marque, ce qu’elle croit et ce qu’elle veut ; de définir également la vision, la mission ambition, le positionnement, les valeurs postées par la marque territoriale. Pas le temps de développer, résumons plutôt en disant qu’établir la plateforme, c’est en fait «étudier l’identité, la demande, la concurrence, et le projet de développement du territoire ». Mais on sent déjà l’odeur des pizzas et il faut presser le pas, les italiens vont bientôt s’exprimer ! Un exemple rapide alors, celui du département de la Somme et du développement du tourisme dans ce département. Le tourisme se développe de façon équilibrée dans la Somme dont la plateforme de marque est d’être un territoire qui prône le tourisme durable. Mais bien que la Somme soit passionnante, on ne peut pas s’y attarder trop longtemps. Envolons-nous maintenant pour l’Italie !

L’intervention de Monsieur Joël Gayet a été très intéressante et très enrichissante pour les étudiants que nous sommes. La journée a très bien commencé et nous ne regrettons pour rien au Monde d’être venus à Gréoux-les-Bains.

Aude Dequin

Intervention de Dominique Charpentier, Directeur Général du Comité Régional du Tourisme de « Riviera Côte d’Azur »

« La culture, élément essentiel de développement durable. Exemple de la route des peintres.»

Le directeur du tourisme de la cote d'azur nous a présenté un projet à thématique culturelle. Un retour à l’art par une route des peintres azuréenne vient nous rappeler qu’elle était le berceau d’inspiration de nombreux peintres avant de déployer ses charmes balnéaires. Ils furent quasiment tous à un moment ou a un autre sous le feu des critiques, preuve en est qu’aujourd’hui leurs œuvres sont exposées à travers le monde.
Il s’agit donc de proposer aux amateurs et promeneurs une mise en scène « naturelle » d’un tableau de maître reproduit et exposé à l’endroit ou ce dernier l’avait peint. Une route de charme bordant principalement le littoral permet aux promeneurs d’apprécier œuvres et nature par des moyens de transports écologiques.

Les différents musées d’art seront bien sur les références logiques nécessaires aux amateurs voulant en découvrir plus sur ces artistes qui ont si bien su embellir à leur manière cette région exceptionnelle.

Mehdi Berki